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Violences contre des journalistes : La direction de l’AFP doit réagir !

mardi 23 avril 2019

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Samedi 20 avril, de nouvelles manifestations de Gilets jaunes ont eu lieu à travers la France et, comme souvent, des incidents ont éclaté. Mais, à un degré jusque-là inégalé, de nombreux journalistes ont rapporté avoir été victimes de violences de la part des forces de l’ordre, certains ayant même eu l’impression d’avoir été « ciblés » en tant que journalistes. Plusieurs ont été blessés. Deux ont été placés en garde à vue : Gaspard Glanz et Alexis Kraland. Le premier sera jugé en octobre et s’est vu interdire de paraître à Paris tous les samedis et le 1er mai.

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Plusieurs syndicats et ONG ont dénoncé depuis samedi une « entrave à la liberté d’informer ».

L’AFP n’a pas été épargnée !

Des reporters de l’AFP ont été victimes de graves actes de violence commis par les forces de l’ordre. Une JRI de l’AFPTV a été brûlée au second degré à un pied, après un tir de grenade de désencerclement, alors qu’elle se trouvait au milieu d’un groupe de journalistes et de "street medics". Un photographe de l’AFP a reçu une grenade lacrymogène dans les jambes et des coups de matraque portés par un policier, alors qu’il s’était bien signalé comme journaliste en montrant sa carte de presse.

Ces faits sont inadmissibles et doivent avoir une suite !

D’autant plus qu’un policier a ensuite obligé des reporters à enlever leurs casques de protection, en invoquant de soi-disant « ordres », alors qu’ils se déplaçaient d’un lieu à un autre pour suivre les événements en cours.

Au sortir de ce week-end prolongé, la direction de l’AFP va-t-elle réagir par une lettre de protestation au préfet de police de Paris, voire au ministère de l’Intérieur ? Pour dénoncer ces violences et réclamer le respect de la liberté d’informer.

Nous ne pouvons pas nous contenter de quelques lignes signalant les journalistes de l’AFP victimes de violences à la fin d’un factuel (cf. la dépêche "Gilets jaunes : RSF et SNJ dénoncent des atteintes à la liberté d’informer) pour dénoncer ces actes et ces entraves manifestes à l’exercice de notre métier.

On peut d’ailleurs regretter que le dernier papier général sur l’acte 23 des Gilets jaunes (publié samedi à 20H16) ne mentionne pas les violences à l’encontre des journalistes, ni les incidents touchant nos propres collègues, ni les violences policières contre des manifestants, alors que nous avons largement couvert les cris de quelques-uns appelant les policiers à « se suicider ».

SUD regrette aussi la manière dont a été organisé le « grand débat », lundi 15 avril en interne à l’AFP, sur la couverture du mouvement des Gilets jaunes. Tous les journalistes de terrain n’ont pas été sollicités, ne serait-ce que pour donner leur avis.

SUD déplore également que les organisations représentatives du personnel aient été exclues de ce « débat » et espère que ses conclusions seront rapidement rendues publiques.

Paris, le 23 avril 2019
SUD-AFP (Solidaires-Unitaires-Démocratiques)
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