Les résultats de la première motion de défiance mondiale contre la direction de l’AFP sont tombés. Plus de la moitié des votants n’ont pas accordé leur confiance à la direction : 46% ont exprimé leur confiance, mais 40% leur défiance et un nombre important de salariés (191, soit 14% des suffrages) n’ont pas souhaité trancher entre les deux options.
Si la motion de défiance n’a pas remporté non plus la majorité des suffrages, ce serait pourtant une erreur de percevoir ce vote comme inutile, ou même comme déstabilisateur pour l’AFP, comme certains ont voulu le faire croire juste avant son ouverture. Ce scrutin a simplement démontré l’absence de consensus autour des projets de la direction. Un tel consensus se construit idéalement par le dialogue et la négociation. Les syndicats et la direction doivent reprendre aujourd’hui le 13 avril. La suite des événements déterminera si la motion de défiance a pu faire bouger les lignes et si l’Agence sortira gagnante de ce vote.
SUD considère également ce vote comme utile, dans la mesure où c’est la première fois que l’ensemble du personnel, quel que soit le type de contrat, était consulté sur l’avenir de l’entreprise. Non seulement SUD a bataillé pour obtenir le lancement de cette motion de défiance, face à l’intransigeance et à la surdité de la direction sur de nombreux sujets, mais nous avons aussi âprement défendu, dès le départ, l’idée que tous les salariés du réseau devaient pouvoir voter, car l’Agence est un tout et parce que notre production est la somme du travail de chaque région du monde.
Le vote a d’ailleurs révélé le besoin criant des personnels de statut local d’être écoutés et de pouvoir débattre de leurs situations propres. Lors des assemblées générales, des salariés ont exprimé leur profonde frustration face à ce qu’ils considèrent comme des injustices dans la structure actuelle de l’AFP, avec ses multiples statuts, et ils ont souligné l’absence de représentation pour les défendre.
SUD estime que le résultat de la motion de défiance constitue un sérieux avertissement pour la direction. Si celle-ci n’entame pas un véritable dialogue, si elle ne bâtit pas un projet qui s’attaque aux inégalités et aux injustices au sein de l’Agence, les fractures qui nous affaiblissent ne guériront jamais.
Paris, le 13 avril 2026
SUD-AFP (Solidaires-Unitaires-Démocratiques)
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