Les employés de presse (EP) et les ouvriers des transmissions (OT) ne méritent donc rien ? C’est la question que SUD a posée le 11 juin à la direction lors de la présentation des résultats de la revue du personnel 2025, c’est-à-dire des primes et promotions accordées chaque année en mars au titre de l’année précédente. La direction a bien sûr contesté cette interprétation, mais le constat est pourtant là : aucun EP, ni OT n’a été promu pour 2025. Une situation qui traduit le désintérêt, voire le délaissement, pour ces deux catégories de personnel qui participent pourtant elles aussi au bon fonctionnement de l’AFP.
La direction a bien tenté d’expliquer que, compte tenu de la situation financière de l’Agence, elle avait dû faire le « choix » de limiter la campagne 2025 au strict minimum prévu par notre accord d’entreprise. Mais c’est faux. Elle a en réalité promu plus de journalistes et de cadres que ce texte ne l’y oblige : environ 12 à 15% du personnel éligible, contre les 10% obligatoires. Un constat que la direction a été bien en peine de justifier, se contentant de répéter qu’elle devait faire des choix. Pour SUD, ces choix sont inadmissibles.
Inadmissibles d’abord parce qu’ils envoient un message clair : pour la direction, les EP (assistants de rédaction, comptables, gestionnaires de paie, etc.) et les OT (techniciens de la maintenance, de la DSI, du Labo Photo, du MCR, etc.) ne méritent rien pour leur engagement sur l’année 2025.
La double peine
Pas la moindre petite promotion alors qu’en parallèle, la direction a décidé, toujours pour faire des économies, de ne verser aucune prime exceptionnelle pour 2025 à l’ensemble du personnel. Car chaque année, à l’issue de la revue du personnel, la direction verse aussi en général des primes « one shot » pour récompenser certains salariés de leurs efforts sur l’année précédente. Pour les OT et les EP, c’est donc la double peine. Pas de prime, pas de promo.
Des catégories mal-aimées ? Sans doute, car ce n’est pas la première fois au cours des dernières années qu’aucun salarié dans ces catégories n’a reçu de promotion. De plus, leurs primes exceptionnelles ont été proportionnellement inférieures à celles des cadres lors des précédentes revues du personnel. Une réalité que nous appelons sans détour une discrimination institutionnelle.
Des choix inadmissibles ensuite au regard des alertes de Sextant, qui souligne dans son audit social le risque que « les collectifs de travail pourraient se déliter, dans les fonctions plus administratives ou techniques, en cas de trop grande exposition à des dysfonctionnements organisationnels, ou à un manque de perspectives ». Quel pire signal envoyer que l’absence totale de primes et promotions ? Quel message quant à l’avenir des EP et des OT ?
Une menace de déclassement social
La direction avance que plusieurs EP et OT ont été promus à l’occasion de changements de poste. Mais c’est la règle dans toute entreprise : plus de responsabilités implique une promotion. Ces promotions ne devraient en aucun cas être comptabilisées comme celles de la revue du personnel, qui vise à récompenser les employés pour leur implication dans leur travail sans changement de poste.
La direction souligne aussi qu’elle promeut régulièrement des OT pour les faire passer au statut cadre. Mais sans règles claires, cela fragilise davantage les collectifs et contribue au sentiment que leur statut, de même que leur travail, ne sont pas valorisés.
SUD a demandé lors de la réunion du 11 juin la relance de la campagne de promotion 2025 pour les EP et les OT. Une demande rejetée sans surprise.
Pour sa part, le seul syndicat qui représente actuellement les EP et OT à l’AFP a proposé d’instaurer un minimum de promotions dans ces catégories comme c’est le cas pour les journalistes et les cadres. SUD soutient cette proposition, qui permettrait de corriger une injustice introduite dans l’accord d’entreprise de 2017. Mais cela ne suffira pas.
Le problème est plus profond : le plan de carrière des EP est insuffisant. Notre tract récent (
-13% de pouvoir d’achat Merci patron !
) l’a clairement montré. Malgré les promotions garanties et la prime d’ancienneté, les gains de pouvoir d’achat restent dérisoires. Il y a urgence à agir pour éviter un déclassement social.
Paris, le 15 juin 2026
SUD-AFP (Solidaires-Unitaires-Démocratiques)
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SUD-AFP