La mesure semblait évidente pour beaucoup, mais pas pour la direction : à l’approche de l’épisode caniculaire de la semaine du 22 juin, l’AFP devait rappeler au personnel qu’il a la possibilité, si besoin, de recourir au télétravail exceptionnel. Il a fallu que SUD le réclame lors d’un préalable en CSE du 19 juin pour que la direction finisse par accepter d’envoyer un mail aux salariés basés en France. Mais où est donc passée la fameuse flexibilité qu’on nous vante régulièrement ?
Peu de gens semblent s’en souvenir : l’accord d’entreprise de l’AFP prévoit depuis 2020 la possibilité, pour tout salarié déjà éligible au télétravail, de recourir au télétravail exceptionnel en cas « d’épisode de pollution », de « phénomènes climatiques » ou encore de « perturbations dans les transports en commun », si la demande est faite la veille et si le responsable hiérarchique donne son aval. Mais encore faut-il que le salarié soit au courant de ses droits !
Or force est de constater que la direction, qui était moteur pour mettre en place le télétravail exceptionnel lors du Covid ou des travaux de rénovation du siège, est beaucoup moins enthousiaste quand il s’agit de contraintes climatiques. Selon elle, la plupart des salariés préfèrent venir au bureau pour profiter de la climatisation. Sans doute… mais ceux qui peuvent et veulent télétravailler doivent pouvoir le faire.
Le télétravail exceptionnel, un droit méconnu
C’est pour cela que SUD a réclamé, lors de la négociation en cours sur la qualité de vie au travail (QVT), que les salariés soient systématiquement informés - ne serait-ce que pour ceux récemment entrés à l’AFP - de la possibilité de télétravailler en cas d’épisodes climatiques intenses et qu’il soit rappelé à leurs managers d’être tolérants. Une demande refusée par la direction des ressources humaines, qui dit ne pas vouloir se rajouter du travail. En somme, les salariés n’ont qu’à lire l’accord d’entreprise et puis c’est tout. Drôle de manière de vouloir améliorer la QVT, tout en répétant ad nauseam que l’AFP est bienveillante.
Après l’épisode de fortes chaleurs de fin mai (le premier de l’année mais certainement pas le dernier), qui a notamment impacté les équipes côté rue Vivienne, comme au marketing avec près de 30°C dans les bureaux, SUD a réclamé l’examen d’un point sur la climatisation à la commission santé (CSSCT) du 15 juin.
Cette réunion de la CSSCT a été l’occasion d’évoquer la vétusté du bâtiment et des infrastructures (un des quatre groupes frigorifiques, en panne depuis longtemps, doit être changé d’ici à l’été 2027), mais aussi de rappeler la demande de SUD d’une information systématique des salariés en amont des épisodes caniculaires.
La France comparée au Pakistan ?
Las, la demande a encore été rejetée, mais cette fois-ci par la direction générale qui prétend qu’un message sur Inside, pour évoquer le télétravail en cas de canicule, pourrait être mal interprété par nos collègues à l’autre bout du monde, par exemple au Pakistan où le mercure dépasse parfois les 50°C. Quant à envoyer un courriel au seul personnel basé en France, l’effort semble là aussi surhumain. Bref, ne nous en demandez pas trop, on risquerait le coup de chaud entre deux réformes de la rédaction !
Pas de quoi décourager SUD qui a remis le sujet sur la table au CSE du 19 juin, alors que les prévisions météo annonçaient une séquence extraordinaire, avec des températures proches de 40°C à Paris. Ce n’est pas encore le Pakistan, mais tout de même !
Après quelques palabres, la direction a enfin fini par accorder ce qui semblait presque impossible : l’envoi d’un mail au personnel le jour même. Victoire ! Sauf que la RH attendra quand même 17H07 pour envoyer son mail, qui est donc passé inaperçu pour une partie des salariés. Ces derniers ont peut-être découvert lundi matin qu’ils auraient pu télétravailler… tant pis pour eux.
Personnel prévenu trop tard
Entre-temps, des informations sont tombées, pendant le week-end et lundi matin : alerte rouge de Météo-France, fermetures d’écoles, appels aux parents à garder leurs enfants, déclaration de la région Ile-de-France qui demande aux travailleurs d’éviter de se déplacer et de privilégier… le télétravail ! Quelle surprise !
Cet épisode malheureux pourrait juste faire sourire, mais il est révélateur de l’état de nos relations sociales à l’AFP, et il appelle à une prise de conscience. Il faut mieux anticiper ce genre d’événement et ne pas attendre la dernière minute pour informer le personnel.
La direction doit aussi être plus réactive en matière de conditions de travail dans les bureaux où il fait trop chaud, au siège ou ailleurs, et chercher des solutions pour ceux qui ne peuvent pas rester chez eux.
Au siège, des salariés dont les bureaux sont surchauffés pourraient être installés dans une salle climatisée du rez-de-chaussée. Cela irait dans le bon sens, mais ce serait insuffisant.
Il faut être plus volontaire pour préserver les conditions de travail des salariés postés, mais aussi ne pas tarder à donner des consignes pour les reporters confrontés aux risques d’hyperthermie sur le terrain.
SUD continuera à veiller au bien-être des salariés. Alertez-nous en cas de problème !
Paris, le 22 juin 2026
SUD-AFP (Solidaires-Unitaires-Démocratiques)
SUD-AFP