SUD a récemment calculé que nous avons perdu plus de 13% de pouvoir d’achat depuis l’arrivée de Fabrice Fries à la tête de l’AFP en 2018 (lire le tract ici). Ce chiffre tient compte des maigres augmentations générales des salaires que nous avons perçues. Il est donc urgent de rétablir notre pouvoir d’achat, sinon nous continuerons à nous appauvrir durablement, avec des conséquences futures sur nos retraites, tirées elles aussi vers le bas. Évidemment, ce rattrapage ne se fera pas en un an, il prendra des années. Mais nous devons sortir d’une logique à court terme et ne plus raisonner année après année. C’est pourquoi nous avons besoin d’un nouveau Grand Accord : un accord pluriannuel garantissant un rattrapage de l’inflation. La Négociation annuelle obligatoire (NAO) qui vient de s’ouvrir est l’occasion d’y arriver.
Tenue de lancer chaque année une négociation sur les salaires et le temps de travail, la direction a ouvert le cycle NAO avec une première réunion le 24 juin. Et comme d’habitude, le discours était convenu : la direction aimerait bien augmenter les salaires, mais… il est trop tôt pour le dire car le budget de l’année prochaine est en construction et le contexte économique difficile.
Ce scénario est bien connu et nous savons comment il se termine : à l’automne, au moment de conclure la négociation, la direction expliquera qu’il n’y a aucune marge dans le budget pour des augmentations générales : « Désolé. »
La variable d’ajustement budgétaire : c’est nous !
Cette méthode doit cesser. Préserver et améliorer le pouvoir d’achat des salariés ne peut pas rester en dehors de la construction du budget. Tant que ce sera le cas, nous continuerons à subir les mêmes blocages. Être traités comme une variable d’ajustement budgétaire est précisément ce qui nous a conduits à la situation actuelle.
SUD propose que les organisations syndicales et la direction s’accordent sur un principe clair : des augmentations salariales durablement supérieures à l’inflation sur une période de cinq ans.
SUD avance une proposition concrète : une augmentation générale annuelle de 2,5% chaque année pendant cinq ans, à laquelle s’ajouterait le taux moyen annuel de hausse des prix à la consommation constaté l’année précédente par l’Insee. Selon cette méthode, nous aurions dû bénéficier pour 2025 d’une augmentation de 3,4% au 1er mai 2026 (2,5% + 0,9%).
Un tel mécanisme permettrait une hausse d’environ 13% de nos salaires sur la période, hors ajustements liés à l’inflation.
Ne caricaturons pas cette proposition en la qualifiant d’irréaliste. Au regard de l’ampleur des pertes de pouvoir d’achat que nous avons subies, la seule façon de les rétablir est d’inscrire le rattrapage dans la durée, en laissant le temps aux finances de l’Agence de s’adapter.
Un nouveau Grand Accord pour rétablir notre pouvoir d’achat
Si, chaque année, la direction affirme qu’il n’y a pas de marge de manœuvre pour des augmentations générales, c’est parce que les arbitrages ont déjà été rendus ailleurs : création de postes, investissements ciblés… Nos salaires – notre pouvoir d’achat – doivent être intégrés à cette équation budgétaire, au même titre que le développement du réseau ou les investissements dans l’IA.
Un accord pluriannuel n’a rien d’utopique. Le financement de l’AFP par l’État repose lui-même sur une trajectoire de cinq ans, à travers le Contrat d’objectifs et de moyens (COM).
Il faut le rappeler : le COM actuel a été construit sur une trajectoire budgétaire qui n’intègre aucune augmentation générale des salaires, sur proposition de Fabrice Fries. Si nous en sommes là aujourd’hui, ce n’est pas un hasard.
Et la situation ne changera pas d’elle-même. Elle ne changera que si nous nous mobilisons collectivement pour imposer un autre choix : un nouveau Grand Accord pour rétablir notre pouvoir d’achat.
Voici nos autres revendications dans le cadre de la NAO
* Amélioration des automatismes dans les plans de carrière :
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- o Journalistes : passage automatique à la catégorie RED 5+ après huit ans dans la catégorie 5. Puis en catégorie 6 après 10 ans dans la catégorie 5+ ;
- o EP : passage automatique au coefficient 193 dans le plan de carrière 2 et passage automatique à coefficient 203 dans plan de carrière 3, après 5 ans au coefficient inférieur ;
- o OT : passage automatique au coefficient 86 et 98 après 5 ans au coefficient inférieur ;
- o CA : passage automatique au coefficient 323 après 5 ans au coefficient inférieur ;
- o CT : passage automatique au coefficient 120 après 5 ans au coefficient inférieur.
- *Passage automatique sans ratissage de l’éventuelle prime de rendement versée
* Création de nouveaux paliers d’ancienneté à 25 ans, 30 ans et 35 ans, avec à 1% supplémentaire par nouveau palier.
* Création d’une commission paritaire concernant les primes exceptionnelles pour établir les critères d’attribution et assurer plus de transparence dans leur attribution.
* Introduction dans l’accord NAO que la direction s’engage à atteindre l’équilibre entre les catégories professionnelles dans l’attribution des primes exceptionnelles à moyen terme.
* Doublement de la prime de 10 euros brut pour assurer les permanences le dimanche et les jours fériés, et attribution de la même prime aux samedis travaillés.
* Indemnisation de 50 euros à partir du troisième weekend travaillé par mois.
* Augmentation de l’astreinte simple à 30 euros et astreinte avec veille éditoriale à 50 euros.
* Revalorisation de l’indemnité kilométrique : promise en 2024, la mesure n’est jamais entrée en vigueur. Elle profiterait surtout aux pigistes qui figurent parmi les plus précaires.
* Mise en place d’un congé de santé gynécologique pour :
- menstruations douloureuses ou pathologiques
- phases de ménopause
- suites d’interruption de grossesse
* permettre des absences pour se rendre à une consultation hospitalière, clinique ou de spécialiste sans avoir à poser de congés payés ou d’heures de récupération.
* Mise en place d’une compensation en jours de repos supplémentaires pour les salariés en forfait jours qui souhaitent activer un congé parental partiel et qui doivent passer en décompte horaire sur cette période. Sinon, mise en place d’un forfait jours réduit.
* Inscription de la prime de Parlement (accordée à certains journalistes détachés) dans l’annexe 15 de l’accord d’entreprise listant toutes les primes en vigueur.
* Maintien partiel de la prime Vidéo et Photo lors d’un changement de poste (en suivant par exemple les mêmes modalités que les indemnités de fonction, soit 30% après 3 ans et 50% après 4,5 ans). SUD considère que ces primes Vidéo et Photo rémunèrent une compétence et que leur perte est un frein à la mobilité professionnelle.
La NAO doit se poursuivre jusqu’en novembre. Mais il est essentiel que, dès la rentrée, les salariés montrent qu’ils n’accepteront pas une perte durable de leur pouvoir d’achat.
Paris, le 30 juin 2026
SUD-AFP (Solidarité-Unité-Démocratie)
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