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Bail rue Vivienne : Arrêtons le gâchis !

lundi 7 juin 2010

Déménagement d’une partie de la rédaction parisienne : ce serait dommage que M. Hoog entame son mandat par une décision qui entérine l’un des projets phares de l’ère Louette, alors que le personnel attend une rupture.

Cela fait un an que l’ex-PDG Pierre Louette a loué 2.900 m2 de bureaux, au 15-17 rue Vivienne, qui sont toujours inutilisés. Un an de gâchis !
 
Si aucun chiffre n’a été dévoilé officiellement, il suffit de surfer sur l’internet pour vérifier qu’une telle location, à deux pas du siège historique de l’AFP place de la Bourse, coûte au moins 80.000 à 100.000 euros par mois. Et l’addition doit être largement plus salée si l’on compte le surloyer payé depuis la fin du bail au palais Brongniart, le coût des plans faits et refaits depuis un an par la société Cléram pour l’aménagement de la rue Vivienne et toutes les autres dépenses annexes.
 
De l’argent jeté par la fenêtre, par centaines de milliers d’euros, qui auraient pu servir à embaucher des précaires et/ou à augmenter les salaires !
 
Le responsable de ce gâchis n’est plus là : Pierre Louette a quitté le navire, en nous laissant, ainsi qu’à son successeur Emmanuel Hoog, un cadeau empoisonné.
 
En 2009, Pierre Louette avait mis le paquet pour "moderniser" l’AFP à sa manière : nouveau Contrat d’objectifs et de moyens fragilisant la mission d’intérêt général de l’agence et son indépendance, projet de révision du Statut, hiérarchie rédactionnelle "rajeunie", déménagement... Le tout, pour catapulter l’AFP dans "l’ère du multimédia"...
 
Ces initiatives étaient, comme nous le soulignions à l’époque, "marquées par un double défaut : manque de concertation et manque de pertinence." (Cf. communiqué SUD du 7 septembre 2009 "Révision du statut, déménagement : il est temps de dire NON !")
 
Un an après, la situation a radicalement changé, grâce à la mobilisation contre le Plan Louette. Le Comité Pigeat, puis Emmanuel Hoog lui-même, ont affirmé que le changement du Statut de 1957 n’était pas d’actualité. Les dogmes d’hier sonnent comme les vagues souvenirs d’un lointain cauchemar (Qui se rappelle encore du rapport Filloux ?). Et le déménagement a perdu sa justification stratégique. 

En finir avec la politique du fait accompli

Le déménagement, c’était la cerise sur le gâteau du Plan Louette. En l’absence de dialogue social et dans le contexte de projet de changement de statut et de modèle économique, l’éventuel déménagement vers la rue Vivienne avait suscité de nombreuses craintes, notamment de voir la rédaction divisée en deux, le siège historique abandonné et de nombreux services externalisés ou sous-traités.
 
Ces craintes sont toujours vivaces, et pour cause. Selon des sources convergentes, le directeur de l’Information, l’un des pilotes du déménagement, a récemment envoyé un message à des chefs de service pour qu’ils l’aident à trouver des arguments permettant de convaincre le nouveau PDG de la pertinence du projet. S’en est suivie la pseudo-concertation du jeudi 3 juin avec les chefs des services de production, puis des desks, où des directeurs - esprit caporaliste oblige - ont demandé le soutien de la hiérarchie intermédiaire, alors que les remontées de la rédaction étaient très éloignées d’une unanimité enthousiaste en faveur du déménagement.
 

Dialogue et transparence

 
Pour arrêter l’hémorragie financière, le nouveau PDG va devoir prendre rapidement des décisions qui normalement auraient dû intervenir en bout de chaîne, après une longue période de réflexion et de concertation sur les perspectives de l’agence, la nécessité de rapprocher tel et tel service plutôt que d’autres etc.
 
Pour que ces mesures d’urgence aient une chance de trouver un écho favorable parmi le personnel, il faudra que M. Hoog mette un coup d’arrêt à la politique du fait accompli de son prédécesseur et de la jeune garde louettiste. Il faudra qu’il dise clairement ce qui est provisoire (dicté par l’urgence) et ce qui est durable. Et qu’il donne des garanties :

  • Maintien du coeur de la rédaction au 13 place de la Bourse et plan de rénovation du siège historique.
  • Consultation des syndicats, des élus et de l’ensemble du personnel.

SUD attend également une déclaration claire du PDG prenant ses distances par rapport aux projets de filialisation (AFP-Services, AFP-SE) formulés par Pierre Louette et le Comité Pigeat. Ces projets, tout comme un déménagement coupant le coeur de la rédaction en deux, risqueraient d’aboutir à l’éclatement de l’agence et à une remise en cause fondamentale de sa mission d’intérêt général.
 
Ce serait dommage que M. Hoog entame son mandat par une décision hautement symbolique qui entérine l’un des projets phares de l’ère Louette, alors que le personnel attend une rupture.
 
Enfin, nous réclamons la transparence totale sur le coût de l’opération rue Vivienne. Au moment où l’agence a besoin de moyens supplémentaires, non seulement pour moderniser ses outils, mais aussi pour résorber la précarité, augmenter les salaires, donner les mêmes droits à l’ensemble de ses salariés mondialement et rénover le 13 place de la Bourse, il est important de connaître l’étendue exacte des dégâts causés par celui dont le "bilan extrêmement positif" et la capacité de "redresser la situation de l’Agence" ont été tant vantés (notamment par le ministre Frédéric Mitterrand).
 
Paris, le lundi 7 juin 2010
 
SUD-AFP 
(Union SUD Culture & Médias Solidaires)